26 mai, 2009

Petite parenthèse étudiante

Bonjour à tous chers lecteurs !

Suite aux nombreux messages postés jusqu'ici sur ce blog, je tiens à vous en préciser la provenance. En effet, l'origine de ce blog est...étudiante ! Nous avons, Bénédicte et moi (Clémence) créé ce blog dans le cadre du cours Nouveaux Courants en Comptabilité de Management du MBA comptabilité de l'Université Laval. Dans ce cadre, notre évaluation finale consistait en le post de plusieurs commentaires et réponses à des questions du professeur sur les blogs des autres équipes. Ainsi, les commentaires que vous pouvez lire, à cette date, sont les évaluations de nos camarades !

Nous pensons cependant que ces réflexions sont pertinentes dans le débat qui nous intéresse, nous laisserons donc libre accès à ces commentaires.

Merci de votre compréhension,

L'équipe du blog

06 avril, 2009

L'intégration, un choix !

Roche ltée, grande entreprise d'ingénierie-conseil, basée à Québec, elle aussi tient compte des externalités sans y être incitée financièrement et sans obligation légale. Volontairement socialement responsable, l'organisation met un point d'honneur à considérer les impacts environnementaux de tous ses projets. Roche a ainsi développé une réelle expertise en terme d'évaluation environnementale. Lors de projet tel que la construction de l'échangeur sur l'autoroute Robert Bourassa, l'entreprise a ainsi amené à la construction d'un tunnel permettant le passage des petits animaux sous l'autoroute afin de limiter le dérangement de leurs habitudes par la voie routière, ou encore le maintien d'une retenue d'eau existante malgré les complications impliquées.

Nous ne rentrerons pas dans le débat anti-bétonisation, i.e. ne remettrons pas en cause l'impact environnemental de la construction elle-même d'une autoroute, même si celle-ci dénature l'environnement quel que soit le degré de prise en compte des impacts environnementaux. En effet, comme la définition du développement durable du Rapport Brundtland le suggère, il ne s'agit pas d'arrêter de vivre aujourd'hui, de se priver pour aider l'environnement, mais bien de « répondre aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Dès lors, si le besoin de la construction d'une autoroute se fait sentir...pourquoi pas ? Tant que les externalités sont minimisées. N'oublions pas que toute activité engendre un impact environnemental. Le but est seulement de le réduire au maximum, pas d'arrêter de vivre !

La responsabilisation, la recherche et l'implication de chacun dans l'environnement pourront-t-elles permettre, à elles seules, de laisser un environnement vivable pour les générations futures ?

Université Laval à la pointe de l'environnement !

Les nombreuses incitations concernant les réductions d'émission de gaz carbonique (voir précédent article) ont amené les producteurs de voitures à adopter une approche de Design for Environment. C'est ainsi que de nombreux véhicules apparaissent chaque année, battant des records de consommation d'énergie et/ou d'émission.

Dans cette optique, une équipe d'étudiants de l'Université Laval (Québec, Canada) n'a pas attendu que les incitations de l'Union Européenne arrivent au Canada. Ainsi, le Projet Ozone cherche à trouver un moyen de rendre les véhicules propres...pas juste moins pollueur, « propre ». Le zéro émission est de mise avec ces 10 gars de génie ! L'idée va même plus loin que le Design for Environment (DfE) puisque le projet initial consiste à modifier une voiture usagée pour en faire une voiture complètement électrique, complètement propre ! D'autant plus propre qu'au Québec presque 100% de l'électricité est hydroélectrique, donc vraiment propre.

Ainsi, non seulement le Projet vise à éliminer les émissions de gaz à effet de serre (GES) mais il permet aussi d'éviter la mise au rebus de vieilles voitures. Ce serait une nouvelle version de la réutilisation ! Les étudiants en sont à une phase de validation de la faisabilité du projet, par la création d'une voiture autour du moteur électrique (créé) pour ensuite réduire la taille du moteur afin de pouvoir l'insérer dans des véhicules d'occasion.

Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, les véhicules électriques ne sont pas moins performants, ainsi notre « confort », habitude de conduite ne sera pas modifiée. En fait, la seule habitude de conduite qui sera modifiée c'est que l'on n'entendra plus le vrombissement du moteur lorsque la voiture passera à nos côtés ! Pas de bruit, pas d'émission et beaucoup moins de voitures au rebus !

Par ailleurs, une autre équipe de génie de l'Université Laval se révèle environnementalement par son projet Alerion Supermileage. Ainsi, une quizaine d'étudiants ont développé une voiture qui l'an passé était capable de rouler 1347 km avec...1 seul litre d'essence ! Cette année, les nouveaux développements permettent d'espérer battre ce record mondial, à la toute prochaine compétition internationale Auto Club Speedway, à Fontana, Californie. Nous vous souhaitons bonne chance, et surtout, bonne route !

Dans un tout autre registre, l'école de comptabilité aussi se met au vert ! En effet, celle-ci bénéficie de la présence de professeurs à la pointe de la comptabilité de gestion environnementale (nous Devons citer Jean-François Henri !). Ainsi, c'est avec plaisir que nous pu développer nos connaissances dans le domaine, tout comme de nombreux futurs gestionnaires.

Plus généralement, l'Université Laval vient d'adopter une Politique de Développement Durable comportant de nombreux volets tels que l'encouragement de la recherche (via l'Envirotron, etc.), l'information mais aussi la promotion de pavillons "verts" ou même la prise en compte de l'empreinte environnementale des divers produits achetés ! Nous pouvons aussi admirer sur le campus la belle Toyota Prius modifiée (hybride) du service de sécurité !

Cas d'incitatif anti-pollution

Le transport est à l'origine de 27% des émissions de gaz carbonique, i.e. de gaz à effet de serre (GES) en Europe. De plus, d'après la Direction Générale pour l'Energie et le Transport de l'Union Européenne, « si rien n'est fait dans les années qui viennent, les coûts environnementaux (pollution de l'air, CO2) pourraient représenter 210 Mds d'euros en 2020 ».

Cependant, le coût lié à la pollution de chaque transport routier ou trajet n'est pas connu, c'est à dire le coût lié à la pollution marginale ajoutée par chaque camion, mais aussi au bruit subi par le voisinage ou encore ceux liés aux encombrements routiers n'ont pas de valeur de marché : l'air, le bruit et la « gène »/ralentissement ne se vendent nulle part.

C'est là que la comptabilité de management environnementale vient jouer un rôle : celui d'estimer au mieux la valeur de ces coûts (plusieurs méthodes existent telles que le damage costing ou le cost of control). La Direction Générale de l'Energie et des Transports de l'Union Européenne a pour objectif de se servir des études estimatives monétaires des externalités afin de légiférer sur l'intégration de ces coûts aux prix des transports.

Ainsi, un nouveau cadre, l'Eurovignette, comportant trois aspects est mis en oeuvre, les trois aspects sont :
  1. intégration des externalités par un tarif « au coût marginal social », i.e. au coût externe (social) engendré par chaque trajet,
  2. méthode de calcul simple de ce tarif,
  3. variations de tarifs selon le lieu de transport, la distance et le type de véhicule (camion) utilisé.
Le principe de « pollueur-payeur » est donc appliqué, internalisant ainsi les coûts externes pour toutes les entreprises de transport routier. L'objectif principal de cette mesure est évidemment de réduire la pollution et les coûts subis par la société du à cette pollution mais il s'agit aussi de sensibiliser à l'impact de leurs trajets sur l'environnement.

L'Eurovignette (nom donné au projet) a sans doute pour conséquence d'augmenter le prix du transport routier par un transfert de la taxe, du coût social ajouté des sociétés de transport routier à leurs clients. Dès lors, chaque client paierait le « juste » prix du service.

Cette mesure s'inscrit dans une volonté plus globale de l'Union Européenne d'internaliser les externalités liées à tous types de transports : ferroviaire (directive 2001/14/CE), aérien (avec le Système d'échange des droits d'émission), des poids lourds (avec l'Eurovignette) et maritime d'ici peu (c'est à l'étude !). Nous savons déjà que plusieurs pays ont instaurés une taxe bonus/malus à l'achat des véhicules de particuliers, les annonces des producteurs de voitures incitant leurs clients à ne pas utiliser leur véhicule ou d'en restreindre l'utilisation se multiplient...



Celui qui n'a pas encore conscience de la pollution qu'il/elle engendre en montant dans/sur un véhicule motorisé est bientôt un ermite !
Limites à la réglementation

La fraude à la règlementation de l’exportation des déchets toxiques
incarne toujours une limite au respect de ces dispositions et un risque d’audit. Ainsi, l’affaire judiciaire en cours dévoilée sur Europe 1, impliquant Arcelor-Mittal dans un trafic de déchets sidérurgiques dangereux (naphtalène à l’origine de cancer et anémie hémolytique) entre la France et la Belgique, le démontre.

C’est po
urquoi, il semble préférable d’intégrer ces externalités aux coûts afin d’optimiser la vérification, restreindre les risques de fraude et suivre l’évolution de ces coûts externes lors de procédures de vérification/d’audit. Les divergences d’opinions en termes de règlementation environnementale entre les différents pays demeurent. Elles sont non seulement le reflet de cultures différentes mais également des enjeux de leadership politiques mondiaux.