Comme mentionné précédemment, la responsabilisation des entreprises et l'intervention de l'Etat sont les deux solutions pour éliminer les externalités, i.e. internaliser les coûts externes. Nous traiterons ici des possiblités d'intervention de l'Etat.

Il existe deux types d'interventions différentes Etatiques (cohabitant parfois) : la réglementation et la mise en place d'incitations. De nombreux exemples de ces deux approches sont observables aujourd'hui de part le monde. Nous en citerons quelques un ici et ci-après. Le choix de l'une ou l'autre de ces approches, tout comme le choix d'un mix des deux, est souvent dépendant de la politique du pays en matière d'interventionnisme d'Etat.
De nombreuses mesures incitatives sont en place depuis maintenant plusieurs années (dépendant des pays) en ce qui concerne la prise en compte des coûts environnementaux externes. Parmi celles-ci nous pouvons compter nombres de réductions d'impôts et créations de taxes diverses. Un exemple de taxe intégrant les coûts environnementaux externes est le paiement obligatoire de l'
Eurovignette pour les poids lourds, taxe kilométrique dont le prix dépend des rejets (de Gas à Effet de Serre) du véhicule. Nous parlerons plus amplement de ce projet dans l'article suivant. Comme le
Conseil Européen l'a noté, l'implantation de mesures incitatives et plus généralement l'intervention de l'Etat (ou des Etats) s'est imposée comme la solution à la prise en compte des coûts environnementaux externes car la responsabilisation a portée trop peu de fruits.
Au sujet des externalités environnementales, la réglementation consiste à

interdire ou rendre obligatoire les comportements des entreprises ou des individus minimisant les coûts externes, et non seulement à les inciter. C'est selon ce principe que certains pays comme l'Allemagne ont voté une loi interdisant le jet de déchets (cigarettes, papiers, gommes, cannes, etc.) sur les lieux publics tels que dans la rue. D'autres, comme Singapour ont même interdit l'import, l'export et la consommation de gommes à macher sur leur territoire afin de limiter deux externalités : la contamination de l'environnement (produits chimiques composants les gommes) et la salissure.
La multiplication récente de ce type d'interventionnisme de l'Etat, aux vues de la constation du manque de responsabilisation et d'échecs plus ou moins grand des mesures incitatives, mènent donc une internalisation forcée des coûts environnementaux externes. Cette internalisation est progressive, i.e. se réalise à mesure que les lois et règlements s'intaurent mais elle est bien présente !
Ainsi, nous pensons qu'il serait préférable pour les entreprises de considérer tous les coûts externes liés à leurs activités dès aujourd'hui, et ce, afin de tenir compte des futures implications légales de ces externalités. En effet, nous pensons qu'en l'état actuel des choses, la probabilité de vote de nouvelles règlementations forçant l'internalisation des coûts environnementaux externes est telle que ces coûts externes devraient être considérés comme des coûts internes, correspondant à ce que l'US EPA a définit comme des
contingent costs, c'est à dire des coûts futurs probables.