L’actualité aborde de plus en plus fréquemment les thèmes de responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE), de règles déontologiques, de codes de bonne conduite et de chartes éthiques, des choix d'investissement des fonds d'épargne salariale, des placements éthiques au service du développement durable.
En effet, toutes les parties prenantes (entreprises, partenaires, investisseurs, consommateurs, etc..) semblent démontrer un intérêt croissant pour ces problématiques par leurs actions ou, au minimum, par leur prise de conscience que toute activité a un impact au niveau de trois dimensions : environnement, société et économie. Les entreprises redécouvrent donc la nécessité de mieux gérer leur responsabilité sociétale et les enjeux stratégiques actuels que celle-ci esquisse, notamment en terme de coûts. Pour pouvoir faire l’objet d’une gestion efficace et efficiente, la RSE doit pouvoir être correctement appréhendée par les gestionnaires. Comme le reflète le « Livre Vert de la Commission Européenne » la RSE est interprétée différemment selon le contexte idéologique, le niveau de l’institution (secteur/taille) et le degré d’appropriation du concept.
D’un point de vue académique, la RSE se détermine comme « la volonté de fournir un cadre d’analyse général et systématique, indépendant des objectifs propres à une organisation donnée » (Dejean F. et Gond J.P. 2004). La RSE, délimitée en ces termes, présente un caractère discrétionnaire et intègre des dimensions outrepassant les aspects purement économiques ou légaux de l’activité de l’entreprise.
D’un point de vue pratique, la définition converge mais insiste sur le caractère contingent du concept et qu’en fonction des objectifs et des « stakeholders » de l’organisation, les dimensions privilégiées varieront. Par exemple, Danone favorisera l’approche « politique humaine – dialogue avec les parties prenantes » alors que des organismes internationaux comme le World Business Council opteront pour une approche orientée « éthique – sociale - citoyenne » telle que la lutte contre le travail des enfants.
Ainsi, la RSE repose sur des croyances et des paradigmes (liés au développement durable). Pour soutenir les décisions stratégiques allant dans ce sens, la comptabilité peut se révéler un puissant système de persuasion. Toutefois, bien que les investisseurs, les acteurs privés et publics soient sensibles et réactifs aux informations environnementales et sociales divulguées, la transparence et la visibilité des externalités positives ou négatives dues aux activités d’une industrie/secteur sont encore trop peu développées pour influer dans les décisions d’investissements globales des firmes. Or, l'intégration des externalités à l'entreprise nous semble nécessaire à une réelle Responsabilité Sociale et Environnementale. En effet, clamer être « responsable » sans assumer la responsabilité de toutes ses actions en déchargeant une partie des coûts sur la société, est sensiblement contradictoire au principe de la RSE.
C’est pourquoi, identifier, isoler et intégrer les coûts internes et externes dans les coûts de revient d’un produit ou d’un service grâce à des outils comptables adaptés représentent un enjeu considérable pour les processus opérationnels et managériaux des ressources dans le futur.
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