Les relations entre les performances environnementales et commerciales génèrent un surcroît d’intérêt non seulement auprès des entreprises privées mais aussi des autorités réglementaires. En effet, les travaux de Porter et de van der Linde (1995) suggèrent que la politique environnementale pourrait permettre de “gagner sur les deux tableaux” : l’amélioration des performances environnementales s’accompagnant de celle des performances commerciales.L’utilisation plus efficiente des ressources naturelles comme les combustibles fossiles (réduction des émissions de gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques associés), l’eau de traitement (protection des écosystèmes aquatiques et des réserves de poissons) ou encore le bois (sauvegarde des habitats forestiers naturels) illustre des stratégies participatives actives et concrètes réalisables à l’échelle des entreprises. Communiquer, informer des résultats obtenus par la mise en œuvre de cette stratégie nécessite l’implémentation de systèmes d’évaluation et de suivi de l’évolution des externalités produites par les entreprises, ainsi que d'un système de divulgation.
L'effort de transparence et de limitation des externalités négatives est généralement bien perçu par le public et les marchés qui seront alors plus enclins à leur accorder leur confiance : l’entreprise gagne en considération, en crédibilité et donc peut s’attendre à des retours financiers (gain de part de marché ou d’image). Une réputation non dégradée par des évènements sociaux (grèves, licenciements, etc..) ou environnementaux (pollutions atmosphérique ou des sols, ressources épuisées) est un avantage pour l’entreprise en terme de coûts et d’investissements futurs.
Toutefois, le schéma régulièrement observé en termes d’initiatives environnem
entales est que les organisations cherchent à améliorer les performances environnementales dans leur propre intérêt commercial (diminution du coût des intrants, réduction des responsabilités, etc.) alors que les autorités publiques imposent exclusivement les mesures qui seraient rarement prises car les avantages ne sont pas principalement tirés par l’entreprise, mais par la société. Ceci a une incidence négative sur la perception de l’environnement auprès des entreprises qui occultent et se privent alors des perspectives stratégiques environnementales et sociales qui pourraient leur être bénéfiques sur un plan économique : obtention d’un avantage concurrentiel par la maîtrise d’une technologie ou accroissement de la notoriété de la marque par exemple.D’après Darnall et al. (2007), il semble que les entreprises efficientes environnementalement puissent ainsi, dans certains cas, bénéficier d’avantages économiques. Les pratiques « écologiques » aboutissent souvent à une utilisation réduite des ressources utilisées (intrants), d’où une nette diminution des coûts directs.
En outre, même en l’absence d’une telle diminution des coûts, l’amélioration de l’image de marque aboutie à une augmentation de la part de marché. Le lien entre les performances environnementales et financières des entreprises a été examiné dans le cadre du projet de l’OCDE (Darnall et al. 2007) mais aussi par d’autres auteurs tels que Henri et Journeault.
Ainsi, si l’int
ernalisation des coûts externes engendrerait, dans un premier temps, une augmentation des coûts des entreprises, elle serait aussi une incitation à une meilleure gestion de ces coûts en plus d’une amélioration de l’image. Se préoccuper des externalités serait donc aussi une source de bénéfices !
Il est très intéressant de vous lire puisque l’environnement est un sujet d’actualité qui nous touche de plus en plus. Il y a effectivement beaucoup à dire sur ce propos et plus on en fera la promotion, plus les gens seront conscients des enjeux s’y rattachant.
RépondreSupprimerDans le cadre de votre blogue, vous vous attardez davantage sur la présentation des coûts environnementaux que les dirigeants doivent dorénavant gérer. Cependant, lorsque l’on aborde ce sujet, plusieurs facteurs sont à considérer afin de les conscientiser. Le plus grand défi reste de prouver que les répercutions sont non seulement réelles mais également financières. Il est difficile pour une entreprise d’incorporer les coûts internes et externes dans sa prise de décision sachant que les données environnementales sont difficilement chiffrables. Croyez-vous que les gestionnaires seront, un jour, prêts à sacrifier quelques dollars de leur bénéfice au profit de l’environnement?
De plus, beaucoup d’entreprises ont une vision davantage axée sur le court terme. Le développement durable est pour sa part un enjeu dont les effets positifs ne se font ressentir qu’à long terme. Il y a donc une incompatibilité entre les objectifs de maximisation des profits et de la responsabilité environnementale. Existe-t-il des moyens de faire converger ces objectifs malgré leur horizon temporel divergeant?
Le combat pour le développement durable est loin d’être terminé malgré le fait que beaucoup de gens commencent à se rendre compte de l’urgence d’agir. Bien que les groupes de pression et la population en générale désirent un changement de la part des entreprises, c’est au gouvernement d’exiger aux entreprises des mesures plus strictes en matière d’environnement.
Continuez votre bon travail puisque votre blogue est très complet et intéressant.
Nous pensons qu’il est possible, et surtout souhaitable, que les équipes dirigeantes investissent une partie de leur bénéfice dans des actions environnementales puisqu’il en va de leur intérêt sur le moyen-long terme pour le moment et bientôt court terme, voire très court terme, si elles n’en prennent pas conscience…
RépondreSupprimerEn effet, les entreprises consomment des ressources afin de produire les activités nécessaires pour procurer les biens et services et pour répondre à la demande de leurs clients.
Or ces ressources proviennent la plupart du temps de la nature (et si elles sont chimiques, il faut des matières premières pour les générer). Si elles n’existent plus, la production de ces biens et services s’avérera complexe. Alors bien sûr des alternatives pourront certainement être trouvées mais lorsqu’elles auront toutes été testées suite à l’épuisement ou à l’inaccessibilité des ressources et face à l'accroissement de la population(car n’oublions pas que notre planète est un espace fini), il ne sera donc pas possible pour les firmes de satisfaire les attentes de leur clientèle et raterons donc des occasions de bénéfices et verrons leur perspective de croissance chuter…jusqu’à leur fermeture définitive ou leur délocalisation avec le déplacement des quelques marchés restants.
Le déplacement des populations vers des zones moins polluées pour les plus aisées est à prévoir avec les risques d’hyper-concentration sociale associés (chômage, tension et criminalité, santé et hygiène, infrastructure, etc..) et avec des moyens de réponse fragiles et réduits sur un territoire donné.
Dans son ensemble, le commerce légal, équitable s’établit essentiellement et est plus prospère dans un monde pacifiste ! C’est pourquoi, il nous semble que le développement durable est de moins en moins une problématique long terme pour les entreprises, mais de plus en plus court terme. La divergence d’horizon temporel tend à se restreindre.
Le moyen le plus efficace à l'heure actuelle, à notre sens, serait donc que nous ne réfléchissions plus en terme de maximisation de profits financiers court terme avec des indicateurs de performance et de croissance uniquement basés sur des critères purement financiers. Il serait envisageables d’élaborer des outils d’évaluation hybrides prenant en compte les objectifs de bénéfices financiers mais aussi de bien-être. Pour mesurer le bien-être procuré, cela passe par l'identification et l'intégration des coûts internes et externes dans la comptabilité. En effet, les systèmes comptables peuvent se révéler d’excellents systèmes de dissuasion pour prendre les décisions stratégiques.
Mais, modifier les méthodes d’évaluation nécessite avant tout de faut faire évoluer les mentalités en créant une demande de responsabilisation,de bien-être et de préservation de l’environnement auprès de toutes les parties prenantes (les consomm « acteurs »).
A moins qu’il y ait une diminution de la consommation de la part de tous les citoyens de la terre dans un but de fraternité, de liberté et d’égalité dans le partage des ressources ! Cependant, au vu des conflits historiques et présents pour détenir des richesses naturelles (pétrole, mines et carrières, eau et bientôt air ?!?) afin d’alimenter et de soutenir nos modes de vie et notre humble condition (humain = 60% d’eau et utilise plus d’oxygène que de CO2 ou d’azote) et bien que nous croyons en la bienséance de l’Homme, nous ne pensons pas vraiment à l’hypothèse selon laquelle notre société occidentale renoncerait, dès demain, à son confort et aux convenances auxquels elle est habituée.
Toutefois, la crise financière et économique que nous traversons présentement aidera peut-être à identifier les dérives et à mesurer les risques d’un système uniquement focaliser sur des aspects financiers, et ainsi, à repenser nos schémas culturels et organisationnels : fonder de nouvelles visions plus respectueuses de l’environnement social, économique et naturel pour notre bien-être et celui des générations futures en imposant (si les entreprises et autres parties prenantes ne le font pas sur la base du volontariat et de leur responsabilité civile) au travers de lois fédérales/nationales ou de normes internationales pour réguler et mieux gérer l’impact des externalités positives et négatives infligé à notre milieu.
Bonjour,
RépondreSupprimerDans ce billet vous démontrez que l’amélioration de l’image de marque obtenue par l'entreprise grâce à ses efforts pour préserver l'environnement peut aboutir à une augmentation de la part de marché.
Il se trouve notre équipe travaille sur le sujet Target Costing, nous consacrons d'ailleurs un Blog à ce sujet (targetcosting.blogspot.com). Pensez-vous que cette satisfaction du client par les efforts de préservation de l'environnement puissent être intégré dans la méthode?
En fait, lors de l'application de la méthode des coûts cibles une des étapes est de décomposer le produit en fonctions (c'est-à-dire les services rendus), par exemple pour un aspirateur : la puissance d’aspiration, la mobilité, le confort d’utilisation, le niveau sonore… Ne pourrais-t-on pas dans cette étape intégrer la préservation de l'environnement comme fonction afin par la suite d'interroger les consommateurs potentiels sur l’importance qu’ils leur accordent. Je pense que cela pourrait conscientiser beaucoup d'entreprises sur cet enjeux et pourrait être d'autant plus bénéfique.
Ronan AUDO
RépondreSupprimerEXAMEN BLOC 3: Julien Demers
RépondreSupprimer(suite)
Ici aussi, je me dois de réagir pour défendre les petites et moyennes entreprises. En fait, je suis d'accord pour dire qu'une meilleure responsabilité environnementale aura des coûts, mais aussi des bénéfices pour l'entreprise. Par contre, je crois qu'il faut quand même nuancer. Vous dites que l'image, la réputation sera améliorée si l'entreprise considère l'environnement. C'est vrai. Par contre, n'oublions pas une chose. De qui entendrons-nous le plus parler: les mesures environnementales de Cascades ou les mesures environnementales du Garage Serge Poulin? Quoi? Vous ne connaissez pas le Garage Serge Poulin? Voilà où je veux en venir.
En fait, les effets reliés à l'image et à la réputation risquent d'être minimes pour une PME d'un village ou d'une petite ville parce que cette dernière ne dispose pas de grands espaces médiatiques comme dans le cas des grandes entreprises et des multinationales. Oui, la rumeur courra probablement dans le village, mais n'oublions pas que le perron de l'église n'est pas un grand canal de communication.
En bref, à moins de se lancer dans une grande campagne de promotion de ses politiques vertes (campagne qui risque de s'avérer coûteuse), la PME est vouée à peu de reconnaissances malgré de grands efforts. Ses parties prenantes (clients, fournisseurs, investisseurs, etc.) ne seront peut-être pas au courant de ses innovations environnementales et elle ne pourra peut-être pas se faire valoir à sa juste valeur.